Novembre 2011 – Le triple A de la France remis en cause ?

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Après un premier avertissement de l’agence Moody’s lancé à la France le 18 octobre dernier concernant la perte de son AAA, l’agence a, lundi 21 novembre une fois de plus menacé de revoir sa notation à la baisse.


Alors que la première menace de dégradation  avait entraîné la nécessité pour le gouvernement de rassurer les marchés en annonçant de nouvelles mesures d’austérité, ce deuxième coup de canif a une fois de plus inquiété les marchés, dans un contexte économique agité en Europe. Et, si le gouvernement s’est voulu rassurant à l’annonce de cet avertissement, une menace de l’agence de notation Fitch Rating est intervenue jeudi 24 Novembre, passant quant à elle presque inaperçue…

Les deux plans de rigueur annoncés par le gouvernement semblent donc ne pas avoir suffi  à rassurer les marchés sur la perspective de stabilité de la France, ceux-ci n’ayant aucun impact sur les évolutions de croissance  du pays. A cela s’ajoute la situation de la zone euro, touchée par une dette souveraine sans précédent, qui a fortement réduit la confiance sur les marchés et entraine un climat de pression permanent.

La hausse des coûts de financements sur une longue période et l’annonce récente d’une révision à la baisse des prévisions de la croissance pour 2011, passées de 1,75% à 1%, font craindre une dégradation de la situation de la France, qui entrainerait, comme ce fut le cas en Espagne ou en Italie,  la perte de son AAA et de sa perspective stable. Car, le « spread », principal indicateur de la défiance des investisseurs, qui correspond à l’écart de taux avec le Bund, l’obligation allemande de référence, n’a cessé de se creuser, atteignant un niveau historique en dépassant les 200 points de base, soit 2 points de pourcentage.

Mais, alors que Nicolas Sarkozy  fait de la sauvegarde du AAA une priorité, les marchés vont désormais jusqu’à se demander, non plus si celui-ci va être remis en cause mais quand cette dégradation va-t-elle avoir lieu : avant ou après les élections présidentielles d’avril ?


Réagissant à ces inquiétudes,  le ministre français de l’Économie, François Baroin, déclarait sur France 2 le mardi 22 novembre que le gouvernement faisait le nécessaire pour répondre aux objectifs qui permettraient  à la France de conserver sa note, ajoutant que l’objectif « zéro déficit en 2016 » n’était pas remis en cause.

Mais, l’annonce de la possible dégradation de la note française a eu des retentissements sur  le marché parisien, qui a nettement creusé ses pertes lundi, reculant à l’unisson des grandes Bourses européennes.

Selon certains experts, il est inévitable que le pays perde son triple A, quelque soient les mesures de rigueur adoptées.  Plombée par une dette importante (1 700 milliards d’euros) et une faible croissance, la France serait entraînée dans un cercle vicieux, subissant de plein fouet la spirale de contagion.

Mais loin d’être alarmiste, François Baroin a alors précisé que « La France sur sa partie budgétaire, fiscale, sur sa stratégie en matière de finances publiques est un pays sérieux ; elle s’est adaptée, elle a présenté les plans nécessaires ».


Toutefois, le risque est indéniable et, une action rapide et volontaire de la zone euro est à souhaiter afin de mettre fin à l’épidémie : les yeux se tournent alors vers le prochain sommet européen du 9 décembre.