Février 2012 – La chute des crédits immobiliers

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L'offre de crédit se réduit très fortement, comme le souligne une étude de l'Observatoire Crédit Logement/CSA publiée lundi 6 février.


L’étude fait en effet l’état d’une chute importante -comparable à celle de 2009 au moment de la crise des subprimes- des montants des crédits accordés par les banques en France au premier mois de l’année 2012, par rapport à l’année précédente. Ces montants auraient ainsi dégringolé de 25,7%,  poursuivant une baisse déjà entamée entre décembre et janvier (-49,4% entre décembre 2011 et janvier 2012).


Les raisons invoquées pour expliquer cette dégringolade notable sont multiples.

Tout d’abord, les incertitudes macro-économiques et les chiffres inquiétants du chômage n’incitent pas les ménages à emprunter et à s’endetter dans le but d’acquérir un bien immobilier, d’autant que les perspectives concernant le pouvoir d’achat pour 2012 demeurent moroses.

D’autre part, le remaniement du prêt à taux zéro (PTZ) entrainant l’exclusion des ménages dépassant les plafonds de ressources (variables selon les régions) et sa suppression pour les primo-accédants d’un bien ancien, auxquels s’ajoute l’amoindrissement du taux de réductions d’impôts lié au dispositif Scellier (passé de 22% à 13%)-effectives depuis le début de l’année 2012- sont des éléments  ayant pu contribuer à cette chute.

Et, à ces facteurs explicatifs potentiels se joint également la hausse des taux des crédits immobiliers, qui sont passés de 3,25% en moyenne au  mois de novembre 2010 – le plus bas niveau depuis 1945 – à 3,97% au mois de janvier dernier, non loin de « la barrière psychologique » des 4%. Mais, il semblerait toutefois que la perte du AAA de la France ne soit pas, pour le moment, à l’origine  des hausses de taux, bien qu’un scénario de hausse progressive soit probable voire inévitable à moyen terme,  en raison notamment des normes comptables plus strictes imposées aux banques en matières de fonds propres.

Un constat est en outre à établir –se voulant une explication probable à la chute importante des crédits- concernant le  durcissement des conditions d’accès au crédit par les banques, qui exigent des apports plus importants de la part des particuliers, devant notamment être en CDI depuis plus d’un an…

Par ailleurs, un léger mouvement de baisse des taux moyens de crédits immobiliers–compris entre 0,05% et 0,10%-enregistré au mois de février, ne concerne que les crédits s’établissant sur de « courtes » durées, inférieures ou égales à 20 ans. Les taux relatifs aux crédits dont la durée est comprise entre 25 et 30 ans sont quant à eux restés stables, confirmant alors la volonté des banques de ne pas valoriser ce type de solution, voire même de le restreindre.

Mais, à l’approche du printemps, qui constitue une période importante pour l’achat de biens immobiliers et donc, une période traditionnellement concurrentielle entre les banques, les taux de crédits immobiliers accordés aux particuliers devraient demeurer stables.


Toutefois, selon le dernier baromètre des intentions d’achat immobilier réalisé début janvier par Explorimmo-Ifop, seuls 30% des Français auraient un projet immobilier. Pour 8% d’entre eux, il s’agit d’un projet à un an et pour seulement 6% d’un projet à six mois. Tandis qu’en août dernier, 33% des français déclaraient avoir un projet dans les deux ans, ils ne sont que 16% aujourd’hui.

Le bien le plus recherché demeure la maison ancienne, à 28%, après laquelle viennent l’appartement neuf (17%),  la maison neuve (16%) et l’appartement ancien (14%) tandis que 25% des personnes ayant un projet immobilier déclarent ne pas avoir de préférence pour tel ou tel type de bien. Le frein évoqué par la majorité des français n’ayant pas de projet immobilier concerne le manque d’adéquation entre les prix et leurs revenus. Ainsi 54% des personnes d’entre eux invoquent pour raison principale le fait de ne pas en avoir les moyens.

Selon les prévisions de Michel Mouillart, professeur d’économie à l’Université Paris-Ouest et expert du secteur, les crédits immobiliers accordés par les banques sur l’ensemble de l’année, devraient s’élever à seulement 130 milliards d’euros, contre 160 milliards pour l’année 2011. Correspondant à une baisse de près de 20% en un an, cette prévision s’éloigne du record enregistré en 2007, poursuivant  alors  le renversement de la tendance d’explosion des crédits, en marche depuis le début du siècle et qui avait contribuée à la bonne tenue du marché immobilier en France.  Les crédits immobiliers, qui s’élevaient à 70,8 milliards en 2001, se chiffraient à 87,3 en 2003, à 143,7 en 2005 pour s’établir à 170,2 en 2007.