Pour la première fois depuis la chute de Lehman Brothers en 2008 et pour la troisième fois seulement depuis 1977, les retraits des épargnants ont été supérieurs à leurs dépôts.
En effet, alors que 9,7 milliards d’euros ont été placés sur les contrats d’assurance vie en septembre, les compagnies ont quant à elles déboursé 11,5 milliards d’euros, que ce soit sous forme de rachats -lorsque l’assuré récupère des fonds partiellement ou totalement- ou, de prestations.
De ce fait, le marché de l’assurance vie enregistre une décollecte de 1,8 milliard d’euros en septembre, un solde négatif qui apparaît comme marquant pour ce produit prisé des français. De plus, la FFSA précise dans son communiqué que la collecte des cotisations sur neuf mois s’élève à 98 milliards d’euros, enregistrant une baisse de 11% par rapport à la même période en 2010.
Toutefois Bernard Spitz, président de la FFSA, s’est montré optimiste, assurant que malgré des rachats importants, les cotisations versées ont été « très élevées« , signe que les Français « ne se sont pas détournés » de l’assurance vie.
Car, si cette décollecte ne marque en effet pas le désamour des français pour l’assurance vie, elle souligne toutefois la réaction de ceux-ci, liée à leurs inquiétudes en cette période de crise. On peut alors avancer plusieurs explications :
- Pour faire face aux nombreuses dépenses courantes qui caractérisent traditionnellement le mois de septembre, les français ont puisé dans leurs épargnes, particulièrement en cette période de crise. En effet, comme le souligne la FFSA, « la crise économique que nous traversons amène les assurés qui ont besoin d’argent à retirer une partie de leur épargne sur leurs contrats d’assurance vie »,
- L’inquiétude des français face en période de crise peut également expliquer le fait que les épargnants se tournent plus facilement vers d’autres placements tel que l’immobilier, considéré comme une valeur refuge, ou encore vers des placements dont le taux de rémunération est garanti et non imposable, tel que le livret A, qui a atteint les 2,25% en août dernier.
- On peut ajouter à ces explications le paiement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), intervenu plus tôt que d’habitude ou encore la réduction annoncée pour 2012 de certains dispositifs fiscaux, ayant pu inciter les investisseurs à agir par anticipation. Et, à l’heure de la crise grecque, certains épargnants s’inquiètent d’un risque pour les contrats placés en obligations grecques.
- De plus, dans un contexte de vieillissement de la population, la clientèle principale de l’assurance vie, les personnes âgées de 50 à 70 ans, voient leur contrat arriver à terme. Et, les assurés retraités préfèrent puiser dans leur épargne pour compléter leurs revenus ou pour effectuer un investissement plutôt que de faire appel au crédit.
Mais, selon M. Spitz, « Une décollecte de 1,8 milliard d’euros ne remet pas en cause l’attrait des épargnants pour ce placement garanti, dont la rémunération reste attractive ».
Et, la plupart des contrats d’assurance vie étant composés d’actions très diversifiées, l’exposition au risque grec reste très limitée. Selon M. Spitz, les investissements en obligations de l’Etat grec représentent « un élément tellement faible en volume des actifs que l’impact sera très, très faible ». Ainsi, dans la situation actuelle, le contrat d’assurance vie demeure un placement extrêmement solide, caractérisé par des rendements positifs.



